21 mai 2026

Sobriété numérique : pourquoi est-ce devenu un critère d’achat incontournable pour les organisations ?

sobriété numérique

La sobriété numérique a longtemps été perçue comme une préoccupation militante, réservée aux conférences sur le climat et aux rapports prospectifs que l’on range dans un tiroir. Elle est en train de devenir autre chose : un critère d’achat réel dans les appels d’offres publics, une obligation réglementaire progressive, et un argument commercial qui commence à peser dans les décisions des directeurs des systèmes d’information.

Ce glissement n’est pas anodin. Il signifie que les organisations qui n’ont pas encore structuré leur approche de la sobriété numérique vont se retrouver, dans un délai de moins de trois ans, à répondre à des questions pour lesquelles elles n’ont pas de réponse documentée. Et pour celles qui jouent le jeu publics, collectivités, établissements de santé, organismes de l’État, c’est déjà une réalité.

Cet article n’est pas un manifeste écologique, c’est un guide opérationnel pour les DSI, RSSI et responsables achats qui veulent comprendre ce que recouvre concrètement la sobriété numérique, ce que la réglementation impose et comment intégrer ce critère dans les choix d’outils collaboratifs.

 

Qu’est-ce que la sobriété numérique, précisément ?

 

La sobriété numérique est souvent réduite à la question du tri de sa boîte mail ou de la suppression des fichiers inutiles dans le cloud, ce que le Digital Cleanup Day illustre chaque année. C’est une dimension réelle, mais très partielle.

La sobriété numérique au sens organisationnel recouvre trois niveaux distincts.

La sobriété des usages

C’est le niveau le plus visible : réduire les flux inutiles, limiter les vidéos en streaming dans les réunions internes, rationaliser les envois d’e-mails massifs, éviter la duplication des données entre de multiples outils redondants. Chaque e-mail avec pièce jointe d’un mégaoctet émet environ 19 grammes de CO₂ équivalent. Pour une organisation de 100 personnes envoyant 33 e-mails par jour, c’est l’équivalent de 13 allers-retours Paris–New York par an. Ces chiffres ne militent pas pour l’arrêt de la communication numérique, ils militent pour sa rationalisation.

La sobriété des équipements

Les terminaux utilisateurs (ordinateurs, smartphones, tablettes), représentent environ 70 % de l’empreinte carbone du numérique dans une organisation. Le renouvellement trop fréquent des parcs informatiques, la préférence pour le neuf sur le reconditionné, l’accumulation d’équipements sous-utilisés : ce sont des sources d’impact considérables, souvent absentes des bilans environnementaux parce qu’elles sont traitées comme des décisions budgétaires, pas comme des décisions environnementales.

La sobriété de l’infrastructure numérique

C’est le niveau le moins visible mais souvent le plus significatif pour une organisation de taille intermédiaire : le choix des solutions cloud, la localisation des centres de données, l’architecture logicielle des plateformes déployées. Un service cloud localisé en France et alimenté par un mix énergétique à forte proportion d’énergie décarbonée n’a pas le même bilan qu’un service équivalent localisé en Virginie du Nord, où sont concentrés la majorité des hyperscalers américains et alimenté en partie par des centrales au charbon ou au gaz.

 

Le cadre réglementaire : loi REEN, RGESN et commande publique

 

La France est l’un des premiers pays au monde à avoir légiféré spécifiquement sur la sobriété numérique avec la loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique, dite loi REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique). Elle pose plusieurs obligations concrètes pour les organisations publiques et les grandes entreprises.

La loi REEN impose notamment aux collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants d’élaborer une stratégie numérique responsable documentant leur démarche de sobriété. Elle impose aux opérateurs de communications électroniques de publier des indicateurs d’impact environnemental et elle prévoit que les sites web des services publics devront progressivement se conformer au Référentiel Général d’Écoconception des Services Numériques (RGESN).

Le RGESN est l’équivalent environnemental du RGAA (référentiel d’accessibilité) : un ensemble de critères techniques et de conception qui permettent d’évaluer et d’améliorer l’impact environnemental d’un service numérique. Il couvre 79 critères répartis en 8 thématiques : stratégie, spécifications, architecture, UX/UI, contenus, frontend, backend, hébergement. Pour les organisations publiques, c’est un référentiel qui va progressivement s’imposer dans les cahiers des charges.

Au-delà de la loi REEN, la commande publique intègre de plus en plus des critères environnementaux obligatoires. Le décret du 9 mars 2021 relatif aux achats publics responsables impose aux acheteurs de l’État et des collectivités de prendre en compte les aspects environnementaux dans leurs marchés. Pour les solutions numériques, cela se traduit par des questions croissantes sur l’hébergement, le bilan carbone des fournisseurs, leur politique de renouvellement des équipements et les certifications environnementales disponibles.

 

Pourquoi la rationalisation des outils est le premier levier concret

 

L’une des formes les plus efficaces et les plus immédiatement accessibles, de sobriété numérique dans une organisation est la rationalisation du portefeuille d’outils collaboratifs. C’est aussi celle qui présente le meilleur ratio impact/effort pour une DSI.

La situation de beaucoup d’organisations aujourd’hui ressemble à ceci : une messagerie d’entreprise, un ou deux outils de messagerie instantanée, une solution de visioconférence, un outil de stockage partagé, un outil de gestion de projet, parfois un intranet séparé, des canaux de diffusion interne non structurés. Chacun de ces services est hébergé quelque part, consomme de l’énergie en permanence, génère des flux de données et nécessite des mises à jour, des licences, et de la maintenance.

Consolider ces usages sur une plateforme collaborative unifiée réduit mécaniquement l’infrastructure numérique mobilisée, simplifie la gestion des données (moins de duplication, moins de synchronisations inutiles), et réduit le nombre de fournisseurs dont l’organisation dépend. C’est de la sobriété numérique par conception, pas par restriction des usages, mais par rationalisation de l’architecture.

C’est exactement ce que permet une plateforme collaborative souveraine comme Whaller : communication interne, messagerie d’équipe, visioconférence, gestion documentaire et signature électronique, gestion de projet, intelligence artificielle intégrée, dans un environnement unique, hébergé en France chez OVHcloud, sans dispersion des données entre de multiples fournisseurs.

 

L’hébergement souverain comme argument de sobriété numérique

 

Le choix d’hébergement est l’un des critères les plus sous-estimés dans les démarches de sobriété numérique des organisations. Pourtant, il a un impact direct sur le bilan environnemental des services numériques déployés.

OVHcloud, partenaire d’hébergement de l’offre Whaller DONJON et de l’ensemble des offres Whaller hébergées en France, publie des indicateurs d’impact environnemental réguliers : Power Usage Effectiveness (PUE) de ses data centres, part d’énergie renouvelable utilisée, objectifs de neutralité carbone. Ce niveau de transparence est une exigence croissante dans les appels d’offres publics et les audits RSE, et il est rarement disponible de la part des grands fournisseurs cloud américains, dont les engagements environnementaux s’appuient souvent sur des mécanismes de compensation carbone plutôt que sur une réduction directe des émissions.

Par ailleurs, la proximité géographique des centres de données avec leurs utilisateurs réduit les distances de transport des données, ce qui contribue à une moindre consommation énergétique des réseaux. Un service hébergé à Roubaix ou à Strasbourg consomme moins d’énergie réseau pour desservir des utilisateurs en France qu’un service hébergé en Irlande ou en Virginie.

 

Sobriété numérique et souveraineté : deux exigences complémentaires

 

Il existe une convergence naturelle entre les exigences de sobriété numérique et celles de souveraineté numérique, une convergence que peu d’organisations ont encore formalisée dans leur stratégie numérique, mais qui émerge clairement dans les appels d’offres les plus exigeants.

Les deux exigences pointent vers les mêmes choix structurants : préférer un fournisseur européen dont l’infrastructure est localisée en France ou en Europe, limiter le nombre de fournisseurs pour réduire à la fois les risques de dépendance et les flux de données superflus, choisir des architectures logicielles conçues pour la durabilité et la maîtrise plutôt que pour la croissance à tout prix des volumes traités.

Pour les organisations soumises aux exigences NIS2 ou à la démarche IRN (Indice de Résilience Numérique), la sobriété numérique s’intègre naturellement dans la cartographie des dépendances numériques : moins de fournisseurs critiques, moins de flux extraterritoriaux non maîtrisés, moins de surfaces d’exposition aux risques — qu’ils soient cyber, juridiques ou environnementaux.

 

Ce que les organisations peuvent faire dès maintenant

 

La sobriété numérique n’exige pas de tout changer immédiatement. Elle demande une approche méthodique, par priorités, qui s’inscrit dans le cycle naturel des renouvellements d’outils et de contrats.

1. Dresser l’inventaire des outils numériques déployés

Combien d’outils collaboratifs l’organisation utilise-t-elle effectivement ? Quels sont ceux qui font doublon ? Quels sont les fournisseurs dont l’hébergement est localisé hors de France ou d’Europe ? Cette cartographie est le point de départ de toute démarche de rationalisation sérieuse. Elle est aussi le préalable à toute réponse documentée dans un appel d’offres public intégrant des critères de sobriété numérique.

2. Intégrer des critères environnementaux dans les prochains renouvellements

Lors du prochain renouvellement de contrat ou d’appel d’offres pour des outils collaboratifs, intégrer des critères documentés : localisation de l’hébergement, PUE du data centre, politique de renouvellement des équipements du fournisseur, certifications environnementales disponibles (ISO 14001, labels écoconception). Ce n’est pas une contrainte supplémentaire, c’est une réponse aux exigences du décret achats responsables et aux attentes croissantes des auditeurs RSE.

3. Former et sensibiliser les collaborateurs aux bonnes pratiques d’usage

La sobriété numérique des usages n’est pas spontanée. Elle nécessite une sensibilisation concrète, avec des exemples parlants : le coût carbone d’un e-mail avec pièce jointe, l’impact du stockage de fichiers redondants, l’intérêt de couper la vidéo dans certaines réunions en audio. Des campagnes internes simples, relayées dans les espaces de communication interne de l’organisation, suffisent à enclencher des changements de comportement mesurables.

4. Documenter et valoriser les efforts dans le reporting RSE

Les actions de sobriété numérique peuvent et doivent être documentées dans les rapports extra-financiers. Nombre d’outils rationalisés, réduction estimée des données stockées, localisation de l’hébergement, engagement du fournisseur en matière d’énergie renouvelable : autant d’indicateurs qui alimentent les rapports CSRD, les bilans RSE et les réponses aux questionnaires de notation extra-financière.

 

FAQ — Questions fréquentes sur la sobriété numérique en entreprise

 

La loi REEN s’applique-t-elle aux entreprises privées ?

La loi REEN s’applique principalement aux collectivités territoriales de plus de 50 000 habitants et aux opérateurs de communications électroniques. Elle n’impose pas d’obligations directes aux entreprises privées en dehors du secteur des communications, mais elle constitue un signal fort sur la direction prise par la réglementation. Par ailleurs, les obligations RSE issues de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) poussent les grandes entreprises à documenter leur impact environnemental numérique, indépendamment de la loi REEN.

Comment mesurer l’empreinte carbone de ses outils numériques ?

Plusieurs méthodologies existent : le Guide de référence de la mission interministérielle sur l’évaluation de l’impact environnemental du numérique (ARCEP/ADEME), les outils de la Mission Green IT, ou encore le calculateur de l’ADEME. L’essentiel est de distinguer les trois postes principaux (terminaux, réseaux, centres de données) et de travailler avec ses fournisseurs pour obtenir les données d’hébergement (PUE, mix énergétique) nécessaires au calcul.

Rationaliser les outils numériques entraîne-t-il des pertes de fonctionnalités ?

Pas nécessairement, et c’est même souvent le contraire. La dispersion des outils génère de la friction (connexions multiples, synchronisations défaillantes, données éparpillées) qui nuit à l’efficacité. Une plateforme unifiée bien choisie couvre l’ensemble des besoins de collaboration, de communication et de gestion documentaire sans perte fonctionnelle, tout en simplifiant l’administration, la sécurité et la traçabilité des données.

Le RGESN est-il obligatoire pour les organisations privées ?

Le RGESN est actuellement obligatoire pour les services numériques des administrations publiques. Il n’est pas encore légalement contraignant pour les entreprises privées, mais il est fortement recommandé et sert de référence croissante dans les cahiers des charges des marchés publics. Les prestataires numériques qui peuvent démontrer leur conformité au RGESN ont un avantage compétitif réel dans les appels d’offres du secteur public.

 


 

Ressources pour aller plus loin

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