11 octobre 2022

Comment assurer la sécurité des enfants sur Internet ?

Sécurité des enfants sur Internet
🔄 Mise à jour d’avril 2026 — Cet article a été actualisé pour intégrer les nouvelles obligations issues du DSA (protection des mineurs sur les très grandes plateformes), de la loi française du 2 mars 2022 sur le contrôle parental natif (entrée en application en 2024) et de la loi SREN du 21 mai 2024 sur la vérification d’âge, ainsi que les ressources institutionnelles désormais incontournables (3018, Pharos, Pix Jeunes).

Dans un monde numérique où il est devenu naturel pour un enfant d’être présent très tôt sur les réseaux sociaux, Internet expose à des risques réels et croissants. Selon les dernières études de l’Arcom et de la Cnil, plus de la moitié des enfants français possèdent un smartphone avant 11 ans, et la première inscription sur un réseau social se fait en moyenne autour de 8-9 ans — bien avant l’âge minimum théorique fixé par les plateformes.

Cyber-harcèlement, exposition à des contenus inappropriés, escroqueries, captation de données personnelles… Nous vous proposons 10 conseils pour vous en prémunir et assurer la sécurité de vos enfants sur Internet, mis à jour en 2026 pour intégrer le nouveau cadre réglementaire européen et français.
 

Renseignez-vous sur les réseaux sociaux

 
En tant que parent, il est important de vous familiariser avec les sites et applications disponibles, et d’identifier ceux qui conviennent à votre enfant. Voici quelques-unes des applications et plateformes les plus populaires chez les enfants et adolescents en 2026 : WhatsApp, Snapchat, Instagram, TikTok, Facebook, Pinterest, mais aussi Discord, Roblox, BeReal, YouTube et les plateformes de streaming. Toutes ne posent pas les mêmes risques : le partage public, la messagerie privée avec des inconnus et les jeux vidéo en ligne appellent une vigilance différenciée.
 

Établissez une limite d’âge pour que votre enfant commence à utiliser ces réseaux

 
La plupart des plateformes exigent que les utilisateurs aient 13 ans minimum pour créer un compte. En France, la loi du 20 juin 2018 (en cohérence avec l’article 8 du RGPD) fixe à 15 ans l’âge du consentement numérique : en deçà, le consentement parental est requis pour le traitement des données personnelles d’un mineur. Le Digital Services Act (DSA), pleinement applicable depuis 2024, oblige par ailleurs les très grandes plateformes (VLOPs) à mettre en place des mesures spécifiques de protection des mineurs : interfaces adaptées, désactivation de la publicité ciblée, et bientôt vérification d’âge renforcée.
 

Vérifiez régulièrement les paramètres de confidentialité de votre enfant

 
Une fois le compte créé, restez vigilant quant à la mise à jour des paramètres de confidentialité. Les plateformes ajoutent continuellement des options de sécurité pour les comptes mineurs (mode privé par défaut, restrictions de messagerie, limitations du temps d’écran), mais elles doivent souvent être activées manuellement. Depuis le décret de juillet 2024 d’application de la loi Studer du 2 mars 2022, tous les appareils connectés vendus neufs en France doivent intégrer un dispositif de contrôle parental gratuit et activable dès la première mise en service — pensez à l’utiliser.

💡 Pour en savoir plus, découvrez nos 10 conseils pour naviguer en sécurité sur Internet.

 

Gardez le profil de votre enfant privé

 
La plupart des réseaux sociaux offrent la possibilité de rendre un compte privé : seules les personnes acceptées comme « amis » pourront alors voir le contenu publié. Pour les comptes de mineurs, c’est désormais le réglage par défaut sur Instagram, TikTok et Snapchat — mais vérifiez-le, car les modifications applicatives ne sont pas toujours rétroactives sur les comptes existants.
 

Soyez attentif aux types de contenus partagés

 
Les réseaux sociaux sont devenus un accessoire normal et banal de la vie de leurs utilisateurs. Il n’est pas rare que ceux-ci y partagent des informations qu’ils n’auraient jamais l’idée de divulguer ailleurs. Ce comportement est particulièrement marqué chez les plus jeunes, qui se trouvent en confiance dans des espaces qui leur paraissent privés alors qu’ils ne le sont pas. Un enfant peut très vite partager des détails personnels, une adresse, un code, un numéro de carte bancaire en toute insouciance. Il est important qu’il comprenne quels types d’informations ne doivent pas être partagés et pourquoi — et que tout contenu publié laisse une empreinte numérique durable.
 

Assurez-vous que les médias ne compromettent pas la sécurité ou l’intégrité de l’enfant

 
Photos de classe, vidéos de vacances, selfies en uniforme scolaire… Beaucoup de publications partagées avec les meilleures intentions peuvent être détournées, sorties de leur contexte, voire exploitées par des prédateurs. Avec la montée en puissance des deepfakes et des outils d’IA générative, ce risque s’est encore intensifié en 2024-2025. Parlez-en à vos enfants : ne publier que des photos et vidéos qui les présentent — eux et les autres — sous un jour positif et qu’ils accepteraient de voir affichées en grand format dans la cour de leur école.
 

Définissez un mot de passe robuste

 
1, 2, 3, 4, 5 ? Utiliseriez-vous un mot de passe aussi simple pour protéger quelque chose d’important ? Non — et il faut transmettre cette habitude aux enfants dès leurs premiers comptes. La règle de l’Anssi reste valable en 2026 : au moins 12 caractères, mélangeant majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux, différents pour chaque service. L’usage d’un gestionnaire de mots de passe simplifie grandement les choses, y compris en famille.

💡 Découvrez nos conseils pour gérer ses mots de passe sans perdre la tête.

 

N’acceptez que des personnes de confiance dans votre réseau

 
Cela peut sembler évident, mais beaucoup de personnes utilisent les réseaux sociaux pour entrer en contact avec des mineurs, à commencer par les plus vulnérables ou les plus naïfs. Il est toujours préférable de n’accepter que les demandes d’amis de personnes que votre enfant connaît dans la vie réelle — amis proches et famille. Apprenez-lui aussi à signaler immédiatement tout contact suspect : la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr) permet de signaler tout contenu illicite, et le numéro 3018, gratuit et anonyme, est dédié aux victimes de violences numériques (cyberharcèlement, chantage à la webcam, revenge porn).
 

Établissez des lignes directrices pour leur utilisation des réseaux sociaux

 
Établir des règles claires dès le départ est un excellent moyen d’inculquer des habitudes positives. Cependant, ne mettez pas en place des règles trop strictes au risque que votre enfant cherche activement à les contourner. Définissez plutôt un cadre négocié : plages horaires, applications autorisées, durée d’écran quotidienne. Les outils numériques eux-mêmes peuvent vous aider — la plupart des appareils intègrent désormais des tableaux de bord de bien-être numérique. Pour aller plus loin, le dispositif gouvernemental Pix Jeunes propose un parcours de formation gratuit aux compétences numériques, à découvrir avec votre enfant.
 

Gardez un dialogue ouvert avec votre enfant

 
Vous ne pouvez pas surveiller l’activité de votre enfant 24 h/24, 7 j/7 — et ce n’est pas l’objectif. La meilleure protection reste un dialogue de confiance : demandez-lui de vous prévenir s’il reçoit des messages ou invitations d’inconnus, parlez-lui des conséquences d’une mauvaise utilisation des réseaux, partagez votre propre expérience. Les signes de cyberintimidation sont parfois discrets : repli sur soi, baisse des résultats scolaires, anxiété face au téléphone… Restez attentif. Et rappelez-vous que les enjeux de sécurité numérique se prolongent à l’école, où les usages collectifs (ENT, messageries de classe, réseaux sociaux entre élèves) appellent eux aussi vigilance et accompagnement.
 

Pour aller plus loin : le nouveau cadre 2024-2026

 
La protection des mineurs en ligne fait désormais l’objet d’un encadrement européen et français très structuré. Trois textes méritent d’être connus des parents :

  • Le Digital Services Act (DSA), pleinement applicable depuis 2024, impose aux très grandes plateformes (Meta, TikTok, X, YouTube, Snapchat…) une évaluation et une atténuation des risques systémiques pour les mineurs, ainsi qu’une transparence accrue sur leurs algorithmes de recommandation.
  • La loi française du 2 mars 2022 dite « loi Studer » impose depuis juillet 2024 un dispositif de contrôle parental natif sur tous les appareils connectés vendus neufs en France.
  • La loi SREN du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l’espace numérique impose aux sites pornographiques un mécanisme de vérification d’âge, sous le contrôle de l’Arcom, pour empêcher l’accès des mineurs.

À l’échelle de la famille, ces textes sont des leviers : ils donnent aux parents des points d’appui institutionnels pour exiger des plateformes davantage de protection. Mais aucun cadre juridique ne remplacera la conversation, la confiance et l’éducation au numérique au quotidien.
 

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